Comment se protéger contre les coulées de boue et les inondations

Mercredi, 3 Avril, 2019

Les journées plus chaudes du printemps et du début d’été ne sont plus très loin. Avec elles, revient le risque d’inondations boueuses lors des premiers orages survenant dans les campagnes où les champs ont été récemment semés. Quelles précautions adopter ? La cellule GISER du Service public de Wallonie conseille citoyens, agriculteurs et communes.

Ces inondations ne sont pas liées directement à un cours d’eau mais aux endroits où se concentrent les eaux de pluie. À titre d’information, 10.500 km d’axes de concentration du ruissellement ont été répertoriés sur la Wallonie.

Avec un peu de préparation, il est possible de limiter fortement l’apparition de ces phénomènes d’érosion intense, et de diminuer les dommages causés aux habitations, aux jardins et aux voiries.

Mon terrain est-il à risque ? Si oui, comment me protéger ?              

Si vous n’avez jamais été confronté à ce problème, cela ne veut pas dire que le risque n’existe pas. En effet, ce type d’inondation est essentiellement liée à l’orage, et c’est parfois très localisé (à 100 m près, on est inondé ou pas).

Pour vérifier si votre terrain est situé sur un axe de concentration du ruissellement, il est utile de consulter la carte LIDAXES sur le Géoportail de la Wallonie.

Bien entendu, le bon sens s’applique aussi : si votre terrain est situé en contrebas d’un versant agricole cultivé, même sans axe de concentration identifié, une coulée de boue peut survenir.

Dès lors que votre terrain est soumis à un risque de ruissellement, voici quelques recommandations pour vous protéger :

  • Assurez le bon fonctionnement des ouvrages de collecte et d’évacuation des eaux de pluie en procédant au nettoyage des caniveaux, avaloirs, corniches et rigoles de tous les débris (feuilles mortes, banchettes, mousses...) qui ont pu s’y accumuler durant l’hiver;
  • Imaginez le trajet des écoulements intenses éventuels sur le terrain, et dégagez un passage libre en enlevant tout obstacle au ruissellement (tas de bois, bac à fleurs, compost, sac de terreau, réserve de matériel...);
  • Protégez ce qui risque, malgré tout, d’être touché par les eaux ; ex. : boucher les aérations de cave et soupiraux, surélever les machines et les armoires, enlever les tapis... ;
  • Conservez à portée de main quelques outils : pelle, râteau, brosse et raclette, pompe vide-cave, bottes et lampe de poche. La commune peut aussi vous fournir quelques sacs de sable.

Que faire, malgré tout, en cas d'inondation ?

  • Couper l’électricité si danger de court-circuit, le gaz, le chauffage.
  • Mettre les personnes vulnérables à l’abri.
  • Alerter les services de secours : composer le 112 (en cas de danger de mort pompiers – ambulance) ou 1722 en cas de moins urgent.  
  • Éviter de saturer le réseau GSM (uniquement appels urgents et importants).
  • S'équiper (bottes, gants, lampe de poche).
  • Évacuer l’eau, racler la boue.
  • Écouter la radio et les réseaux sociaux officiels, suivre les consignes des autorités.

Quel est le rôle et la responsabilité des agriculteurs ?

Disons-le d’emblée, la législation est peu contraignante en termes d’obligations liées à la lutte contre l’érosion et les inondations pour l’agriculteur. On peut pointer trois obligations :

  1. Interdiction de cultures sarclées sur les parcelles en pente supérieure à 10 % (sauf si implantation d’une bande enherbée de 6 m de large min en bas du champ) ;
  2. Interdiction de cultiver, labourer et pulvériser au bord des routes (sur 1 m de large) ;
  3. Interdiction de détruire les haies, bosquets, talus... (sauf si autorisé par un permis d’urbanisme).

Moyennant le respect de ces interdictions, l'agriculteur est, en principe, libre de cultiver ce qu'il souhaite, de la manière et sur l'étendue qu'il souhaite.

Toutefois, la cellule GISER recommande aux cultivateurs une série de pratiques agricoles qui offrent de bonnes garanties pour diminuer le risque de coulées de boue.

Parmi celles-ci, citons notamment le fait de limiter la longueur dans le sens de la pente sur un même champ à max. 150 m, de varier les cultures ou encore d'éviter de laisser le sol à nu.

L'action des communes

Les services communaux ont un rôle à jouer à deux niveaux.

D’une part, le service des travaux et des voiries assure le bon fonctionnement des ouvrages hydrauliques comme les fossés, caniveaux, avaloirs, et canalisations, par un entretien régulier.

Ce service est aussi le premier à intervenir, en parallèle avec les services de secours et de police, lors d’événements météorologiques exceptionnels. Certaines communes disposent d’hommes et de matériel (tractopelle, camion…) pour effectuer rapidement des travaux afin d’améliorer les écoulements.

D’autre part, en complément avec ce travail de protection, le service de l’urbanisme ou du développement territorial assure un rôle de prévention avec une perspective à long terme, en effectuant les vérifications avant tout projet d’urbanisme sur un axe de concentration du ruissellement (comme prévu par le Code de Développement territorial).

Ces services sont souvent en liaison régulière avec la Cellule GISER pour les sites ayant été inondés sur la commune, et avec le Service technique provincial pour réaliser des aménagements anti-inondations.

De nombreuses administrations communales participent également aux plans de gestion des risques d’inondations afin de coordonner les actions avec les communes voisines et de se maintenir parfaitement informées.

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