Pollution de l'Escaut : 12 millions d’euros obtenus par la Wallonie pour compenser les dommages piscicoles
Cinq ans après la pollution de l'Escaut provoquée par un accident industriel survenu à Escaudœuvres, la Région wallonne a obtenu réparation du préjudice écologique subi sur son territoire. Les moyens financiers perçus seront entièrement consacrés à la restauration du fleuve et au retour progressif de ses populations de poissons.
Dans la nuit du 9 au 10 avril 2020, la rupture d'une digue sur un bassin de lagunage de l'usine TEREOS d'Escaudœuvres, en France, a libéré environ 100 000 m³ d'eaux de lavage de betteraves dans le milieu naturel. Très chargées en matière organique, ces eaux ont rejoint l'Escaut et y ont provoqué, sur le territoire wallon, une chute brutale et prolongée du taux d'oxygène. La vie aquatique du fleuve a été massivement détruite, en particulier les populations de poissons.
La Région wallonne s'est constituée partie civile pour faire reconnaître et réparer ce préjudice.
La Wallonie a finalement obtenu 12 millions d’euros au titre de la réparation du dommage écologique. L'intégralité de cette somme sera affectée à la restauration et à la réparation des milieux naturels de l'Escaut.
Sans attendre l'issue judiciaire, la Wallonie avait engagé une étude pour identifier les aménagements capables de reconstituer les populations de poissons. L'objectif est de rendre au fleuve les conditions nécessaires à la reproduction et à l'accueil des espèces, et de favoriser le retour de celles qui ont disparu.
Cinq types d'aménagements ont été retenus :
- des zones enherbées et des lagunes inondées plusieurs mois au printemps, propices à la reproduction des poissons ;
- des frayères aménagées dans d'anciens bras et coupures de l'Escaut ;
- des refuges aux confluences, par la diversification des habitats et l'arasement de seuils ;
- des berges réaménagées pour favoriser la ponte le long du fleuve ;
- la plantation de végétation rivulaire pour enrichir les ressources alimentaires des poissons.
Une étude de faisabilité a permis de retenir les sites offrant le meilleur équilibre entre efficacité écologique, faisabilité technique et coût. Il reste à sélectionner, parmi ces projets, ceux qui seront réalisés au bénéfice des poissons et des habitats naturels de l’Escaut.
« La pollution de 2020 a détruit une grande partie de la vie de l'Escaut. Nous avons voulu que chaque euro obtenu serve à réparer le fleuve. C'est l'engagement que nous tenons : restaurer l'Escaut et y faire revenir la vie aquatique », souligne Anne-Catherine Dalcq, Ministre de la Nature.
La sélection des premiers sites est attendue dans les prochains mois. Les travaux de restauration pourront alors commencer.

