La Wallonie modernise ses liens avec les partenaires sociaux
Le Gouvernement wallon a approuvé en première lecture une réforme ambitieuse de la fonction consultative. Accélérer et simplifier pour mieux concerter, tel est le leitmotiv de cette réforme au bénéfice des citoyens et des acteurs économiques.
Prévue dans la Déclaration de politique régionale, cette réforme vise à rationaliser le paysage des instances consultatives en Wallonie, souvent jugé complexe et fragmenté. Concrètement, la réforme vise à éviter les doublons entre instances, clarifier leur rôle et concentrer leur travail sur les dossiers les plus stratégiques, afin de faciliter la prise de décision du Gouvernement. L’objectif n’est pas de consulter moins, mais de consulter mieux, plus tôt et de manière plus lisible.
Une première mesure importante concerne les délais : le temps accordé pour rendre un avis sera réduit de 45 à 30 jours, avec des exceptions possibles pour les dossiers complexes.
Autre évolution majeure : la concertation pourra désormais intervenir en amont, avant même la rédaction définitive des textes. Cette nouvelle méthode doit permettre de prendre anticipativement en considération l’avis des partenaires sociaux et environnementaux et, dans plusieurs cas, d’accélérer les décisions en passant de trois lectures à deux avant l’adoption d’un texte.
La réforme prévoit également une réorganisation de la fonction consultative autour du Conseil économique, social et environnemental de Wallonie (CESE-W), qui deviendra le point d’entrée central des consultations. Les pôles thématiques et plusieurs conseils spécialisés fonctionneront désormais de manière davantage coordonnée autour du CESE-W, afin de renforcer la cohérence des avis et de mieux articuler les expertises.
Le fonctionnement du CESE-W sera également modernisé, notamment via davantage de digitalisation, une harmonisation des pratiques et un financement simplifié à partir de 2027.
Enfin, cette réforme sera mise en œuvre avec un objectif clair : utiliser plus efficacement les ressources existantes et concentrer davantage le travail consultatif sur les dossiers stratégiques pour la Wallonie.
« La concertation reste une force de la Wallonie. Mais comme l’ensemble de l’action publique, elle doit gagner en cohérence, en lisibilité et en efficacité. Cette réforme poursuit un objectif simple : moins de doublons, moins de lourdeurs administratives et davantage d’impact concret dans la prise de décision publique », souligne le Ministre-Président Adrien Dolimont.
Les textes vont maintenant être soumis pour avis aux différentes instances concernées, notamment au CESE-W, avant de poursuivre leur parcours législatif.
La Wallonie accélère la transition vers une alimentation saine, durable et locale dans la restauration collective
Dans le prolongement de la stratégie wallonne “Manger demain” et des travaux en cours d’élaboration du futur plan d’action en faveur d’une alimentation saine et durable dont une synthèse sera présentée au Gouvernement wallon en juillet 2026- , le Gouvernement wallon valide le lancement de la phase 1 de la feuille de route « Restauration collective », visant à pérenniser et renforcer le Green Deal Cantines durables et ses dispositifs associés. Cette décision vise à faire de la restauration collective un levier majeur de transition au service de la santé, de l’environnement, de la cohésion sociale et du développement économique local.
Déjà aujourd’hui, plus de 560 acteurs sont engagés dans le Green Deal Cantines, représentant des milliers de repas servis chaque jour. La relance et la pérennisation des dispositifs, notamment les coups de pouce, permettent de sécuriser les cantines, les opérateurs et l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement locale. Le dispositif facilite l’introduction de produits locaux, notamment bio, dans les cuisines collectives et permet à de nombreux producteurs d’accéder à un marché longtemps peu accessible.
Cette phase vise également à élargir le nombre de cantines engagées, à mieux toucher les publics les plus vulnérables et à renforcer l’ancrage de l’approvisionnement local et durable.
Concrètement, les coups de pouce prennent en charge une partie du coût des denrées : jusqu’à 30 % pour les produits en circuit court et jusqu’à 50 % pour les produits locaux et biologiques, avec un plafond par repas. Ce mécanisme permet de rendre accessibles des produits de qualité sans augmenter le prix pour les usagers, tout en garantissant une rémunération plus juste pour les producteurs.
D’autre part, la Wallonie accompagne les cantines dans leur transformation concrète. Des aides à l’équipement (jusqu’à 1.500 € par structure) permettent par exemple d’acquérir du matériel facilitant le travail de produits frais, comme des robots de découpe, de la vaisselle réutilisable ou des équipements améliorant l’accès à l’eau.
Au-delà des soutiens directs aux cantines, la Wallonie entend mobiliser le levier des marchés publics alimentaires. Chaque année, la restauration collective publique représente un volume d’achat considérable. Cette double approche - économique et structurelle - est essentielle pour ancrer durablement la transition sur le terrain.
Pour concrétiser cette ambition, le Gouvernement wallon mobilise une enveloppe globale de 4 millions d’euros sur la période 2026-2027. Cette enveloppe se répartit comme suit : 1,57 million d’euros pour renforcer et pérenniser le Green Deal Cantines durables et 2,43 millions d’euros pour soutenir les dispositifs du « coups de pouce ».
Yves Coppieters, Ministre de la Santé et de l’Environnement : « La feuille de route repose sur un principe fondamental : l’alimentation est un déterminant majeur de santé et un levier clé de transition environnementale. En agissant sur l’accessibilité et la qualité des repas servis en particulier vers les enfants - de produits moins transformés, dans le respect de la saisonnalité, suivant des recommandations nutritionnelles -, la Wallonie améliore concrètement l’environnement alimentaire tout en réduisant son impact écologique. Cette approche intégrée s’inscrit pleinement dans une logique One Health ».
Anne-Catherine Dalcq, Ministre de l’Agriculture et la Ruralité : « Augmenter la part de nos produits locaux dans les collectivités et un vrai levier pour créer davantage de débouchés qui permettent une rémunération juste pour les agriculteurs wallons. C’est un des outils pour recréer des filières rentables, locales et pour lutter contre la volatilité des prix. C’est aussi renforcer le lien entre les producteurs locaux et les citoyens à travers la mise à disposition d’une alimentation de qualité et de saison dans les collectivités ».
Évolution de la stratégie immobilière : le Gouvernement amplifie la modernisation et la rationalisation de l’administration wallonne
Le Gouvernement a validé l’évolution de la stratégie immobilière du Service public de Wallonie pour la période 2026-2030 qui vise notamment à amplifier la rationalisation des surfaces administratives et améliorer leur adéquation aux normes énergétiques et environnementales. Cette nouvelle étape s’inscrit pleinement dans la volonté portée par la Ministre de la Fonction publique, Jacqueline Galant, d’accélérer la modernisation de l’administration wallonne, la rationalisation de son fonctionnement et la garantie d’une utilisation plus efficace de l’argent public. La stratégie immobilière du SPW vise à regrouper les services administratifs, réduire le nombre de bâtiments occupés et optimiser les surfaces de travail.
L’objectif est clair : disposer d’une administration plus cohérente, décloisonnée, plus moderne et plus efficiente. Concrètement, cette stratégie permettra de regrouper plusieurs milliers de collaborateurs sur un nombre réduit de sites administratifs. À terme, plus de 5.000 agents auront été regroupés dans des bâtiments modernisés et mieux adaptés aux nouvelles méthodes de travail. « Nous voulons une administration plus moderne, plus efficace et plus sobre dans son fonctionnement. L’évolution de la stratégie immobilière du SPW va en ce sens. Chaque euro économisé sur des bâtiments sous-occupés, énergivores ou inadaptés est un euro qui peut être économisé ou réinvesti dans les services aux citoyens et dans les priorités de demain » indique Jacqueline Galant.
Économies d’échelle importantes
Cette rationalisation génère déjà des économies d’échelle importantes :
- réduction des surfaces administratives ;
- diminution des coûts énergétiques ;
- baisse des frais d’entretien et de maintenance ;
- réduction des coûts de nettoyage ;
- optimisation des déplacements et du fonctionnement des services.
Des résultats significatifs, à terme :
- près de 50.000 m² (+- 27%) de surfaces administratives supprimées partout en Wallonie (Namur, Jambes, Mons, Wavre, Liège) ;
- jusqu’à 60 % de réduction des consommations énergétiques ;
- jusqu’à 50 % d’économies sur certains coûts de maintenance ;
- près de 84 millions d’euros de recettes estimées grâce à la vente de bâtiments devenus inadaptés ou obsolètes.
Concrètement, 2.700 collaborateurs en provenance de 35 sites ont déjà été regroupés sur 6 sites. 2.400 autres collaborateurs en provenance de 18 sites seront regroupés sur 5 sites prochainement. Sur Namur/ Jambes, le SPW passe d’une surface totale de 141.266m² à 113.322 m². Dans les trois autres villes, la surface passera de 43.384m² à 21.957m².
Bien-être des fonctionnaires
La stratégie prévoit également une modernisation des espaces de travail afin de mieux répondre aux nouvelles réalités professionnelles : espaces partagés, salles collaboratives, bureaux flexibles, mutualisation des équipements et amélioration du bien-être au travail. Elle poursuit également un objectif affirmé du Gouvernement : décloisonner l’administration afin de favoriser les échanges et synergies entre services.
Enfin, cette rationalisation immobilière s’inscrit aussi dans les objectifs environnementaux de la Wallonie, avec une forte diminution des émissions de CO₂, une amélioration de la performance énergétique des bâtiments et le développement progressif de l’électromobilité au sein du parc administratif wallon.
« Moderniser l’administration, c’est aussi mieux gérer le patrimoine public, réduire les dépenses inutiles et construire un Service public plus performant au service des Wallons » conclut la Ministre de la Fonction publique.
Décrochages : les prosumers wallons seront indemnisés
Face aux décrochages des installations photovoltaïques, le Gouvernement avance sur un mécanisme d’indemnisation objectif et proportionnel. Il envoie par-là un signal fort : investir dans la transition reste pertinent et rentable.
La situation est connue : lorsque la tension du réseau électrique devient trop élevée, les installations photovoltaïques des ménages se mettent automatiquement en sécurité et l’électricité qu’elles produisent ne peut plus être injectée sur le réseau. Cette situation entraîne une perte directe de production avec des conséquences financières pour les ménages.
Pour répondre à cette réalité et conformément à sa feuille de route, le Gouvernement wallon a adopté ce jeudi, en première lecture, un projet d’arrêté instaurant pour la première fois un régime d’indemnisation. Objectif : apporter une réponse concrète et attendue aux pertes subies par les « prosumers ».
L’indemnisation sera :
- proportionnelle à la perte de production estimée ;
- fondée sur des données objectivables ;
- automatique dans le traitement ;
- simple pour le citoyen.
Seules les installations équipées d’un compteur communicant pourront en bénéficier. Ce compteur constitue en effet aujourd’hui le seul outil permettant une mesure fiable, vérifiable et uniforme à grande échelle, permettant d’éviter toute indemnisation approximative ou contestable. Son déploiement est en cours à l’échelle de toute la Wallonie, avec un objectif de couverture complète d’ici 2029. Tout demandeur peut bénéficier de son installation endéans 4 mois.
Le mécanisme envoie par ailleurs un signal aux gestionnaires de réseau : les décrochages ont un coût. Il est donc essentiel d’accélérer les investissements dans les infrastructures. Car tout décrochage évité est un décrochage qui ne devra pas être indemnisé.
Cécile Neven, Ministre wallonne de l’Énergie : « Les prosumers ont pris leur part dans la transition énergétique. Il n’était pas normal qu’ils subissent des pertes sans compensation. Nous prenons nos responsabilités en mettant en place un système simple et équilibré : des pertes mesurées, une indemnisation proportionnelle. Ni plus, ni moins. En cela, on envoie un message fort aux citoyens : la Wallonie soutient la transition et les efforts de chacun pour atteindre nos objectifs énergétiques. »

