FAQ Sécheresse

Cette foire aux questions a pour but de répondre aux principales questions en lien avec la situation de sécheresse. Au fil des mois, cette FAQ se complétera par de nouvelles informations.

1.    Quel est l'état global de la sécheresse en Wallonie depuis ces 5 dernières années ?  

Ces dernières années, en Wallonie, il a fallu rester particulièrement attentif à consommer l'eau de distribution de façon parcimonieuse durant l'été. Rappelons que la Wallonie couvre ses besoins en eau grâce à des prélèvements dans ses eaux de surface et ses eaux souterraines. Les eaux de surface (des cours d'eau) servent également à l'agriculture et l'industrie, notamment au refroidissement des centrales électriques. A l'inverse, les eaux en provenance des nappes souterraines sont destinées presque qu'exclusivement à la production d'eau potable. Ces nappes phréatiques sont alimentées par les précipitations ou encore la fonte de la neige. C'est ce qu'on appelle communément la recharge hivernale. La quantité d'eau emmagasinée dans ces poches souterraines fluctue donc d'année en année.

Globalement de 2012 à 2016, la quantité d'eau prélevée dans ces nappes souterraines représentait 21% des recharges annuelles. Notre taux d'exploitation des eaux souterraines en Wallonie (4,2%) reste largement inférieur au seuil européen (20%). Entre 2013 et 2018, toutes les masses d'eau souterraine respectaient le critère de bon état quantitatif.

Pourtant, au cours des années récentes (et de façon particulièrement intense en 2018 et 2020), le déficit de précipitations a entraîné des périodes de sécheresse. Cette succession de sécheresses est l'une des raisons de la création en 2017 de la cellule sécheresse pilotée par le Centre régional de crise de Wallonie, regroupant les différents interlocuteurs du secteur de l'eau en Wallonie (représentants des services concernés du SPW, AQUAWAL et les acteurs de la production et distribution d'eau potable). Cette cellule est activée chaque année au printemps et se rassemble de façon régulière (une fois par mois ou en fonction de l'état de la situation) et ce jusqu'à l'automne.

Certaines communes en collaboration avec les producteurs et distributeurs d'eau ont dû mettre en place des restrictions temporaires d'usage de l'eau de distribution. Certaines communes ont dû être ravitaillées par camions citernes.

Sur les 5 dernières années, les communes particulièrement impactées par ces mesures de restrictions étaient :

  • Gouvy, Libin, Libramont, Nassogne, Rochefort et Tellin qui assurent leur propre distribution d'eau ;  
  • Ciney, Hamois, Havelange, Hotton et Somme-Leuze qui sont desservies par l'AIEC (Association Intercommunale des Eaux du Condroz) ;
  • Clavier et Tinlot qui sont desservies par la CIESAC (Compagnie Intercommunale des Eaux de la Source de Les Avins groupe Clavier) ;  
  • Andenne, Arlon, Aywaille, Beauraing, Couvin, Daverdisse, Dinant, Dour, Durbuy, Gesves, Herbeumont, Honnelles, Houffalize, Houyet, Jalhay, La Roche-en-Ardenne, Lierneux, Namur, Ohey, Paliseul, Profondeville, Spa, Sprimont, Stavelot, Tenneville, Vaux-sur-Sûre, Vielsalm, Waimes, Wellin qui sont desservies par la SWDE.

Il faut donc rester vigilant, dès le printemps, à notre consommation d'eau et respecter les décisions prises par les communes (arrêtés de police) afin de ne pas gaspiller nos ressources en eau et éviter d'en arriver à des situations problématiques (coupures).

2.    Doit-on s'attendre dans les années à venir à une multiplication des épisodes de sécheresse ?

Ces épisodes de sécheresse risquent de se reproduire dans les prochaines années. C'est pourquoi il faut être préparé à réagir adéquatement vis-à-vis de notre consommation d'eau.

En effet, nos besoins en eau en Wallonie sont couverts grâce à des prélèvements dans nos cours d'eau et nappes souterraines. L'état de ces cours d'eau et de ces nappes souterraines est dépendant des précipitations. Plus il y a de précipitations sur une période, plus le débit des cours d'eau augmente. En période de sécheresse, le débit redescend assez rapidement dès la fin des précipitations. Les précipitations et la fonte de la neige ont une grande influence sur les réserves souterraines en eau. C'est en hiver que les nappes phréatiques se reconstituent principalement. Au printemps et en été, les précipitations sont davantage absorbées par la végétation. Ce qui signifie aussi, que si les précipitations en automne et en hiver sont faibles, alors le risque de pénurie d'eau s'accroit dès l'amorce du printemps.

Néanmoins, le volume annuel des précipitations ne devrait pas baisser dans les années à venir. Il devrait rester suffisant pour maintenir un bon niveau quantitatif de nos ressources aquifères. Cependant, la multiplication des épisodes extrêmes qui associent de fortes chaleurs et l'absence de précipitations peuvent nous rendre vulnérables aux pénuries d'eau saisonnières. Restons donc vigilants quant à notre consommation d'eau.

3.    Quelle est l'évolution de la consommation de l'eau dans notre pays ? Sommes-nous de bons ou mauvais élèves au niveau européen ?

De manière globale, notre consommation journalière en eau de distribution est à la baisse ces dernières années. La Belgique se classe dans les niveaux de consommation domestique en eau les plus bas de l'Union Européenne (source : AQUAWAL). Les Belges utilisent une quantité d'eau pour leur usage domestique qui est plus faible que leurs voisins français, néerlandais ou allemand.

Le niveau de consommation n'est pas homogène sur tout le territoire. La Wallonie consommant proportionnellement moins d'eau que la Flandre et Bruxelles.

Au sein même de la Wallonie, on remarque que le niveau de consommation du Hainaut occidental et du sud de Namur est plus faible qu'à Liège ou dans le Brabant wallon.

Les bons comportements sont à encourager, notamment grâce à l'emploi d'appareils économes en eau (WC double chasse, lave-linge et douches économiques ...) ou à l'usage d'eau de pluie pour les usages extérieurs.

4.    Quel est le bilan de la recharge des nappes souterraines en Wallonie après l'hiver 2020-21 ? Peut-on envisager sereinement l'été 2021 ?

La recharge de l'hiver 2020-2021 a eu lieu de manière précoce. Beaucoup de nappes d'eaux souterraines ont atteint leur maximum entre janvier et février, pour commencer à descendre au mois de mars. Les débits des cours d'eau sont bas en cette période, comme les années précédentes. Notons que les cours d'eau sont très sensibles aux précipitations. De fortes pluies vont augmenter rapidement le débit de ceux-ci pour diminuer rapidement, après les précipitations.

Malgré une diminution significative des niveaux des ressources souterraines, durant février et mars, les giboulées de mars ont permis de rééquilibrer la situation à la suite d'une période assez sèche de fin février à mi-mars. Ainsi nous atteignons un bon indice en ce printemps 2021. Les niveaux des nappes d'eaux souterraines sont globalement bons.

A l'approche de l'été, la situation en Wallonie est comparable à celles des années précédentes. Il nous faut donc restez vigilants quant à certaines régions qui ont été moins favorisées par la recharge hivernale. Restons attentifs aux précipitations afin d'anticiper un éventuel épisode de sécheresse durant l'été prochain.

A l'issue de chaque réunion de la cellule sécheresse, pilotée par le Centre régional de crise de Wallonie, le bilan de la situation et les différentes mesures prises sont mis à jour dans l'actualité sur Wallonie.be.

5.    Les réserves d'eau dans les barrages-réservoirs sont-elles remontées après l'hiver 2020-21 ?

Cet hiver a été bénéfique à la reconstitution des réserves de nos barrages-réservoirs. Nos barrages-réservoirs présentent tous un niveau très satisfaisant. Certains barrages approchent même de leur niveau maximum.
Néanmoins, ces réserves sont sensibles aux modifications climatiques.  Ainsi, nous nous apprêtons à entamer ce nouvel été, préparés à l'été à venir, avec des réserves satisfaisantes.

6.    Pourquoi la Flandre annonce-t-elle, depuis ces dernières années, une situation de sécheresse tandis que la situation en Wallonie, au même moment, est qualifiée de normale/sous contrôle ? Qu'est-ce qui explique cette différence ?

La Flandre est l'une des régions d'Europe où la densité de la population est la plus grande par rapport à sa superficie (14 % de la superficie en Flandre est construite). Contrairement à la Wallonie qui assure son approvisionnement majoritairement à partir des eaux souterraines, la Flandre dépend principalement des eaux de surface pour son approvisionnement en eau (comme le canal Albert) ce qui augmente sa vulnérabilité. Les nappes phréatiques en Flandre sont beaucoup moins importantes qu'en Wallonie et sont beaucoup plus dépendantes des précipitations à court terme. La Flandre dispose d'un approvisionnement en eau de 1500 mètres cubes par personne et par an. Sous le seuil de 1000 mètres cubes, on parle d'une grave pénurie d'eau. Un autre élément déterminant qui différencie la Flandre de la Wallonie est l'absence de barrages-réservoirs en Flandre. C'est pourquoi la Flandre annonce plus rapidement dans l'année (dès le printemps) qu'elle est en situation de sécheresse alors que la situation est qualifiée de normale au même moment, en Wallonie.

7.    Comment est répartie la distribution de l'eau vers les autres régions du pays ?

La Belgique bénéficie de relativement peu d'eau compte tenu de sa forte densité de population et on observe des disparités selon les régions. La Wallonie dispose de 55 % de la ressource alors qu'elle ne compte que 37 % de la population de Belgique. La Flandre et Bruxelles ne peuvent couvrir la totalité de leurs besoins par les apports naturels d'eau sur leur territoire.  Sur les 150 millions de mètres cubes exportés par la Wallonie, environ 70 millions le sont à destination de la Région bruxelloise et le solde, soit environ 80 millions de mètres cubes, est destiné à supporter l'alimentation de la Flandre. La Wallonie couvre ainsi 97 % des approvisionnements en eau de Bruxelles (les 3 % sont issus des captages situés sur le territoire régional : forêt de Soignes, Bois de la Cambre et dans l'aquifère du Bruxellien) et environ 20 % de l'approvisionnement en eau de la Flandre provient de  la Wallonie.

 

Retour au dossier