L'interdiction progressive des véhicules les plus polluants désormais centrée sur les grandes villes

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Se basant sur les résultats d’une large étude, la Ministre wallonne de l'Environnement souhaite proposer très prochainement au Gouvernement d’abroger l’interdiction généralisée et progressive de circuler des véhicules anciens pour préférer une approche ciblée sur les grandes villes.

Cette approche devrait s'avérer plus pertinente sur le plan de la qualité de l'air et serait aussi plus juste pour les personnes vivant en zone rurale et disposant de moins d'alternatives à la voiture.

Résultats des différentes études

Deux études ont été menées dans le cadre de cette problématique.

Une première étude, réalisée en 2019 par l'ISSeP au sein de deux villes wallonnes (Namur et Eupen) a démontré que l'adoption d'une Zone de basses émissions (ZBE) pouvait s'avérer pertinente pour la première mais pas pour la seconde, vu la taille de l'agglomération. Pour les experts chargés de cette mission, une telle mesure n'est efficace que pour un territoire d'une certaine taille critique comme celui de Liège ou Charleroi.

Menée de 2019 à 2023, la seconde étude baptisée Étude Dynamique Intelligente du Trafic (EDIT) a consisté à évaluer l'impact sur la qualité de l'air d'autres mesures de mobilité, d'aménagements urbains, complémentaires ou non à une ZBE (extension de piétonnier, installation de parking de délestage, etc.).

Il en ressort que : 

  • Les dépassements des valeurs limites européennes sont très localisés, à l'échelle de rues spécifiques ;
  • Au contraire de l'interdiction progressive de circuler sur l'ensemble du territoire de la Région, la mise en place d'une ZBE apparaît plus pertinente à l'échelle des grandes villes (Liège, Charleroi, Namur, Mons...) ;
  • La réduction de la pollution atmosphérique dans les centres urbains nécessite un ensemble de
    mesures, à multiples facettes et échelles, visant à réduire les émissions liées au transport avec une coordination entre les autorités locales et régionales. Le transport routier n'étant pas seul
    responsable des émissions polluantes, des actions sur d'autres leviers sont nécessaires et
    complémentaires ;
  • Outre le fait que l'évolution des émissions wallonnes dues à la combustion des carburants
    fossiles montre une claire tendance à la baisse depuis 1990, les dépassements des nouvelles
    recommandations de l'OMS n'ayant été constatés que dans les centres urbains.

Il est également à noter que le dernier rapport de la Cellule Interrégionale de l'Environnement (CELINE) montre une amélioration de la qualité de l'air en Wallonie sur le long terme. Les concentrations en NO2, polluant témoin du transport routier, s'améliorent depuis une vingtaine d'années tant dans sa part "transport" que dans sa part "industrie".

Vers des mesures ciblées et un soutien aux grandes villes pour lutter contre la pollution de l'air

À la lumière des résultats de ces travaux, la Ministre de l'Environnement a indiqué lors de la Commission de l'environnement du Parlement de Wallonie vouloir proposer au Gouvernement wallon un dispositif permettant aux communes concernées par cette problématique de mettre en place, avec un soutien financier régional, les mesures les plus adaptées à leur situation et aux outils déjà existants, et donc de renforcer la qualité de l'air aux points les plus sensibles et les plus pertinents.

Toujours selon la Ministre de l'Environnement, un avant-projet de décret modificatif et un dispositif de soutien financier aux grandes villes wallonnes par droit de tirage devraient être définis dans les prochaines semaines.

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