Sciensano et l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers (IMT) ont annoncé le début de la saison des moustiques tigre. En Wallonie, l’AVIQ et le SPW collaborent activement pour prévenir et retarder l’installation de ces insectes sur notre territoire. Plus que jamais, la surveillance de la présence des moustiques exotiques est essentielle.
En effet, si les endroits dans lesquels ils sont repérés sont répertoriés à temps, les autorités pourront mieux les combattre, retarder leur installation dans la région et limiter ainsi le risque futur de transmission locale de virus. La collecte d'informations sur sa présence se révèle donc primordiale pour orienter les mesures de prévention et de contrôle.
Depuis 2021, avec le projet MEMO+[1] , Sciensano et l'IMT, en collaboration avec les administrations environnementales régionales, suivent de près la présence de moustiques exotiques en Belgique. Les résultats globaux de ces années de surveillance montrent clairement que le moustique tigre entre de plus en plus en Belgique, mais aussi qu'il commence à s'y établir.
Pourquoi le moustique tigre fait-il l'objet d'un tel suivi ?
Le moustique tigre (Aedes albopictus) est une espèce invasive originaire d'Asie du Sud-Est. On le reconnait à sa couleur rayée noire et blanche, tant sur son thorax que sur ses pattes. Il est plus petit (4 à 5 mm) que le moustique domestique commun (Culex pipiens) (5 à 7 mm).
Cette espèce de moustique cause beaucoup de nuisances par son attitude agressive quand il pique et par le fait qu'il est actif en journée. Il est en plus un vecteur potentiel de virus tels que la dengue, le chikungunya et le zika.
À ce jour, le risque de transmission locale en Belgique reste faible, mais pourrait augmenter si l'espèce s'établit durablement et en présence de personnes infectées revenant de zones où ces virus circulent. En effet, une fois établi dans une région, et en présence de certaines conditions, le moustique tigre peut devenir un vecteur de maladies à l'échelle locale. Une transmission locale (dite autochtone) pourrait survenir si un moustique tigre pique une personne infectée revenant de voyage, puis transmet le virus à d'autres personnes. Concrètement, cela signifie qu'au futur une personne n'ayant jamais voyagé en dehors de la Belgique pourrait contracter un de ces virus transmis par ce moustique.
Quelles sont les différences entre le moustique tigre et le moustique domestique commun ?
Le moustique domestique commun est actif principalement la nuit. Bien souvent, on ne se rend compte de sa présence que le lendemain matin quand on a été piqué.
Le moustique tigre, quant à lui, est actif en journée et peut avoir un comportement agressif lorsqu'il cherche à se nourrir : il peut piquer de manière répétée, parfois plusieurs individus lors d'un repas sanguin. Ses piqûres peuvent provoquer une réaction inflammatoire locale, accompagnée ou non de démangeaisons. Dans certains cas et notamment en cas de piqures multiples, ces réactions peuvent entraîner des réactions parfois plus marquées chez certaines personnes.
Comment prévenir sa prolifération ?
Les moustiques tigres apprécient les eaux stagnantes et chaudes. La femelle pond ses œufs sur les parois de récipients artificiels pouvant contenir de l'eau stagnante, les larves ayant besoin d'eau pour se développer. Pour empêcher la prolifération des moustiques tigres chez vous, vous pouvez :
- Éviter les points d'eaux stagnantes même petits : videz les récipients idéalement tous les 5 jours et placez-les à l'envers s'ils ne sont pas utilisés ; étalez les bâches en plastique pour éviter que l'eau stagne.
- Couvrir les réservoirs d'eau (y compris les piscines hors d'usage) et tous les récipients avec un couvercle ou avec une moustiquaire.
- Nettoyer régulièrement vos gouttières, drainages et canalisations pour éviter la stagnation d'eau de pluie.
Comment se protéger du moustique tigre ? ;
Les moustiques tigres piquent pendant la journée, sur¬tout le matin et en fin d'après-midi (à contrario du moustique domestique commun qui lui est actif à partir du coucher du soleil et pendant la nuit).
Quelques conseils pour vous protéger :
- Évitez les activités à l'extérieur aux moments de la journée où les moustiques sont les plus actifs
- Portez de préférence des vêtements de couleur claire, avec des manches afin de couvrir un maximum votre corps
- Si nécessaire, installez des moustiquaires aux fenêtres de votre maison
- Uniquement si besoin, utilisez des répulsifs cutanés homologués (par exemple à base de DEET ou d'icaridine), en respectant les instructions d'utilisation. . Demandez conseil à votre pharmacien
Que faire si vous l'apercevez?
Il est important de rappeler le rôle capital des citoyens pour retarder au maximum l'installation du moustique tigre. C'est en effet, la surveillance et la déclaration de leur présence qui va permettre au SPW ARNE et à l'AVIQ de prendre les mesures ad hoc, d'une part, pour éradiquer les larves et, d'autre part, prendre toutes les mesures nécessaires en matière de santé.
Dans ce cadre, une stratégie de communication vers les partenaires potentiels a été définie et sera appliquée chaque fois que cela sera nécessaire. Cette stratégie implique activement le SPW ARNE et l'AVIQ de manière croissante en fonction de l'état de la situation ; allant de la campagne de communication aux actions de contrôle et de lutte sur le terrain en cas de détection de l'espèce.
Vous pensez que vous avez devant vous un moustique tigre ? Vous reconnaissez ses rayures noires et blanches ? Photographiez-le sans attendre et signalez-le sur le site internet www.surveillancemoustiques.be . Suivez les étapes d'identification et chargez votre photo.
Depuis 2022, en Wallonie, la surveillance citoyenne a permis d'identifier la présence de moustiques tigre à Ath. Les autorités locales ont été averties et les mesures nécessaires ont été mises en place.
Vous trouverez plus d'informations dans le dépliant publié par l'AVIQ et dans le dépliant publié par le SPW.

