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Téléscope Einstein : un projet stratégique pour l'avenir de la Wallonie

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télescope Einstein
Le Télescope Einstein, futur instrument de pointe pour la détection des ondes gravitationnelles, positionne la Wallonie au cœur de la recherche internationale. Dans le cadre du redéploiement économique prévu par le Code du développement territorial, un projet d’arrêté vise à le reconnaître comme projet stratégique majeur.

Inscrit dans une dynamique européenne, ce projet constitue un levier essentiel pour renforcer l'attractivité scientifique et technologique de la région, tout en générant des retombées concrètes en matière d'innovation, d'emplois qualifiés et de rayonnement international.

Depuis 2019, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique collaborent à la création du plus grand observatoire mondial d'ondes gravitationnelles sur le territoire de l'Euregio Meuse-Rhin. La Wallonie est pleinement partie prenante de ce projet scientifique majeur, qui pourrait permettre de mieux comprendre des phénomènes fondamentaux comme le Big Bang. L'Euregio Meuse-Rhin présente à cet égard un atout important, avec une accessibilité transfrontalière unique.

Toutefois, ce territoire est en concurrence avec deux autres sites candidats pour accueillir le Télescope Einstein : la Sardaigne (Italie), qui bénéficie d'un sous-sol particulièrement stable et peu perturbé par l'activité humaine, et la Saxe (Allemagne), reconnue pour ses solides compétences technologiques.

Dans ce contexte, la Wallonie se positionne clairement. Si le projet est retenu, elle prévoit d'investir, à partir de 2028, un montant de 200 millions d'euros. Cette nouvelle enveloppe budgétaire constitue une étape décisive vers la concrétisation du projet et traduit la volonté de la Région de renforcer sa position en matière d'innovation scientifique, tout en veillant à générer des retombées économiques concrètes.

Parallèlement à cet engagement, la Région mènera des études afin d'évaluer l'impact des travaux sur son territoire. L'objectif est de préciser le coût global du projet, en tenant compte des aménagements nécessaires ainsi que des retombées socio-économiques pour les acteurs locaux.

De nouvelles voies pour connaître l'Univers

Coupons court d'emblée à la vision classique du télescope avec sa coupole qui s'ouvre pour laisser place à l'observation des étoiles. Le projet Einstein, c'est celui de la construction d'un détecteur d'ondes gravitationnelles... à 250 mètres sous terre !

Produites lors d'événements cosmiques extrêmes (collision de trous noirs ou fusion d'étoiles à neutrons), les ondes gravitationnelles sont des ondulations de l'espace-temps qui traversent l'Univers et donc la Terre.

Si elles ont été prédites par Albert Einstein en 1916, ce n'est qu'en 2015 qu'elles ont pu être mesurées pour la première fois par le détecteur américain LIGO.

Avec le télescope Einstein, enfoui sous terre à l'abri de toute interférence de surface, les chercheurs ambitionnent de disposer d'un instrument permettant de capter 1 000 fois plus d'ondes que les détecteurs actuels. Ils espèrent ainsi accroître les connaissances sur la physique des trous noirs, l'évolution des étoiles et les instants qui ont suivi le Big Bang. 

Plusieurs sites sont envisagés pour l'installation de cet observatoire européen unique, destiné à devenir un centre de référence international un peu à l'instar du CERN à Genève.

Constituée d'un sous-sol profond dur, combiné à une couche superficielle molle et amortissante, la zone des Trois Frontières offre une géologie idéale pour garantir la très haute précision du télescope. L'autre région qui devrait également se porter candidate est la zone montagneuse de Sos Enattos située en Sardaigne.

En route vers la candidature

Universités, organismes scientifiques, institutions publiques... plus de 70 partenaires allemands, belges et néerlandais collaborent pour préparer la candidature de l'Euregio Meuse-Rhin.

Plusieurs études sont menées afin de démontrer la faisabilité du projet : analyses de sols, études environnementales, mise au point de technologies d'essai, cartographie des entreprises de pointe et de génie civil qui pourraient être impliquées... À titre d'exemple, le Centre spatial de Liège travaille sur un prototype de miroir cryogénique. Cette technologie innovante recourant au froid extrême (-250° C) vise à améliorer la perception des ondes.

La décision de l'Union européenne concernant le choix du site est attendue en 2026. Et pour la mise en service du télescope, il faudra attendre 2035 au plus tôt.

Quel rôle pour notre région ?

La Wallonie est particulièrement concernée, puisque 70 % de l'infrastructure pourraient être situés dans le sous-sol wallon, plus précisément sur les entités de Plombières, Aubel et Welkenraedt, explique Chloé Beaufays du GRE-Liège, l'organisme coordinateur au niveau régional.

Plus de 1 500 chercheurs dans le monde travaillent sur les ondes gravitationnelles. C'est une opportunité exceptionnelle pour notre région de prendre part à ce projet scientifique majeur. À la fois parce qu'il pourrait bouleverser nos connaissances sur l'Univers. Mais aussi pour les importantes retombées économiques qu'il est susceptible de générer

Après avoir soutenu les premières études de faisabilité, la Wallonie a mobilisé un nouveau budget de 10 millions € au printemps 2024 pour financer 4 nouveaux projets de recherche. Ceux-ci vont couvrir l'ensemble du cycle de vie du télescope, allant de l'exploration du sol pour identifier le meilleur site jusqu'à l'exploitation finale des données produites par le télescope.

Par ailleurs, une Task Force wallonne réunit les forces vives de la région autour de 6 axes stratégiques :

  1. Communication et relations avec les parties prenantes : sensibilisation des riverains, élus locaux et industriels
  2. Excellence scientifique et technologique : aéronautique, optique, cryogénie et technologies du vide
  3. Aménagement territorial et logistique : génie civil, planification
  4. Valorisation économique et industrielle : activation du tissu économique wallon
  5. Stratégie financière : structuration de l'investissement wallon
  6. Diplomatie scientifique : représentation wallonne dans les instances européennes et internationales

Ce projet représente une opportunité exceptionnelle de : 

  • positionner la Wallonie comme un leader européen en physique fondamenale
  • mobiliser notre écosystème industriel autour de technologies de pointe
  • créer de nouveaux partenariats avec les territoires voisins
  • construire une nouvelle image de la Wallonie innovante et ambitieuse

Plus d'infos sur le télescope Einstein

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