L'impact des médicaments sur la conduite : campagne de sensibilisation

Mardi, 5 février, 2019

Somnolence, difficultés à se concentrer, troubles de la vue, vertiges…Certains médicaments provoquent des effets secondaires qui altèrent les capacités de conduite. Afin de mieux faire connaître cette problématique, la nouvelle campagne de sensibilisation de l’Agence wallonne pour la Sécurité routière (AWSR) a pour thème « Un médicament peut provoquer un accident ».

Des chiffres pour mieux comprendre

  • 1 Wallon sur 10 (11 %) conduit au moins une fois par semaine sous l’influence de médicaments pouvant altérer les capacités de conduite.
  • 36 % des Wallons interrogés déclarent avoir conduit au moins une fois au cours de l’année écoulée sous l’influence de tels médicaments. Ce comportement peut multiplier le risque d’accident par 5 ! On constate d’ailleurs que ces conducteurs ont davantage d’accidents corporels que les autres (10 % d’entre eux, contre 6 % pour les autres).
  • 10 % des conducteurs consommant des médicaments les combinent avec de l’alcool, dont 2 % plus d’une fois par semaine. Ces chiffres sont préoccupants quand on sait que le risque d’accident est alors multiplié par 20 à 200 fois selon les substances concernées. La combinaison de plusieurs médicaments est aussi à éviter.

En 2011, le projet européen DRUID avait soumis des conducteurs de 13 pays européens à des tests. La Belgique était le pays dans lequel la prévalence des conducteurs sous influence de médicaments était la plus élevée.

Le Wallon, grand consommateur de tranquilisants

Les plus consommés par les conducteurs interrogés sont les médicaments à la codéine (antidouleurs, sirops), suivis par les antihistaminiques, et ensuite la catégorie des antidépresseurs, anxiolytiques et tranquillisants. Cette catégorie, ainsi que les hypnotiques (pour soigner les troubles du sommeil), peuvent provoquer des effets secondaires importants.

Les Wallons sont particulièrement concernés : près de 18 % des femmes (contre 15 % en Belgique) et 10 % des hommes (contre 8 % en Belgique) de plus de 15 ans ont utilisé au moins un psychotrope au cours des dernières 24 heures (Institut Scientifique de Santé Publique, 2013).

Amendes

La conduite dans un état analogue à l’ivresse résultant de la prise de médicaments est punissable d’une amende pouvant aller de 1.600 € à 16.000 € ainsi que d’une déchéance du droit de conduire.

Conseils de l'AWSR

En cas de prise d’un médicament, il est essentiel de vérifier ses effets sur la conduite. Il est recommandé de toujours s’informer auprès d’un professionnel de la santé et de l’avertir si l’on est amené à conduire régulièrement ou même ponctuellement. Le médecin a une obligation d’informer le patient. Le pharmacien se doit quant à lui d’accompagner son client lors de la délivrance.

La campagne de sensibilisation est d'ailleurs soutenue par les professionnels de la santé. Outre les traditionnelles affiches en bord de route, la campagne sera relayée par les médecins et les pharmaciens. La SSMG (Société Scientifique de Médecine Générale) et l’Association des Unions des Pharmaciens (AUP) soutiennent activement l’initiative et cosignent un courrier accompagnant des posters de la campagne, qui est adressé à plus de 6.000 médecins généralistes et 1.700 pharmaciens wallons. Ces posters seront aussi diffusés dans les zones de police wallonne, les administrations communales, les auto-écoles, les Espaces Wallonie et dans plusieurs stations-service. Un dépliant a également été développé.