[Inondations] La Wallonie adopte les orientations de gestion des déchets

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Les inondations du mois de juillet ont généré, durant la phase de crue et vont encore générer après nettoyages et reconstruction, des quantités très importantes de déchets qu'il est à présent nécessaire de traiter dans les meilleures conditions possibles. Face à ce constat, le Gouvernement de Wallonie a adopté les orientations relatives à la prise en charge de leur gestion afin d’adopter les solutions les plus pragmatiques et les plus efficientes du point de vue environnemental et socio-économique.

Quantités de déchets à gérer

Les quantités de déchets ménagers et professionnels mélangés issus des inondations (hors terres charriées par les eaux et hors déchets encore présents dans et le long des cours d'eau) peuvent être estimées à environ 155.000 tonnes au mínimum.

Ce gisement est encore susceptible d'évoluer suite à la poursuite des opérations de nettoyage et au recensement permanent de sites de stockage temporaires mis en place dans l'urgence au niveau des différentes communes sinistrées.

Etat des lieux

Actuellement, la COPIDEC (Conférence Permanente des Intercommunales wallonnes de gestion des Déchets) estime que la situation inhérente à la gestion de crise des déchets issus des inondations est globalement sous contrôle au sein des zones intercommunales impactées (InBW, TiBi, BEP Environnement, IDELUX et INTRADEL).

A ce stade, environ 10 % du gisement total de déchets identifié ont déjà été traités (incinération, mise en CET) ou prétraités (tri, broyage..). En ce qui concerne le solde à gérer, les décisions opérationnelles doivent maintenant surtout être prises au regard de la situation de la zone intercommunale liégeoise (INTRADEL) qui, en terme de gisement de déchets, représente 90% du gisement global estimé.

Scénarios de gestion à mettre en oeuvre

Tous les scénarios de gestion ont été analysés pour adopter les solutions les plus pragmatiques et les plus efficientes du point de vue environnemental et socio-économique en vue de traiter les déchets issus des inondations actuellement recensés.

La mise en centres d'enfouissement techniques (CET) des déchets, constituant le mode de gestion le moins vertueux sur le plan environnemental et socio-économique, doit être activée en dernier recours.

En effet, le Gouvernement, veut intégrer dans les mesures à prendre l'atteinte des objectifs ambitieux qu'il s'est fixé en matière d'économie circulaire (réduction autant que possible de l'incinération et de la mise en centres d'enfouissement technique au profit de la valorisation matière). En outre, la mise en CET du gisement total des déchets issus des inondations n'est pas un scénario réaliste compte tenu des capacités d'accueil actuelles de ces types de déchets, ces capacités risquant d'être trop rapidement saturées au détriment de la gestion courante des déchets ménagers ultimes qu'il faut encore enfouir en CET.

Le Gouvernement de la Wallonie a donc retenu la combinaison des scénarios suivants  :

  • le tri-valorisation des déchets, qui consiste à opérer un tri poussé, autant que faire se peut, des déchets en vue d'optimiser le taux de valorisation matière des déchets qui pourrait atteindre 20 à 30 % du gisement,
  • le stockage temporaire de déchets avant et après le tri, pour permettre un acheminement régulier des déchets vers leurs exutoires finaux (incinération pour l'essentiel)
  • l'incinération des déchets après un tri préalable permettant de ne pas endommager les installations
  • la mise en centres d'enfouissement technique (CET) des déchets stockés sur le site du Wérihet (environ 20.000 tonnes, après une phase de tri sécuritaire et un broyage),
  • l'évacuation des terres charriées vers des centres de traitement de terres polluées, avec traitement éventuel (pour un volume actuel estimé à 40.000 tonnes).

La mise en oeuvre combinée de ces différentes options se fera majoritairement en Belgique et  nécessitera l'intervention d'opérateurs privés.

La SPAQuE est chargée d'établir un cahier des charges en vue d'attribuer les marchés publics nécessaires.

Le coût des opérations qui devraient s'étaler sur une période de l'ordre d'une année, est estimé, dans un premier temps, à environ 30 millions d'euros.

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