[Inondations] Gestion des déchets : état de la situation

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SPAQUE
Les opérations de nettoyage post-inondations sont loin d'être terminées, surtout au niveau du lit des cours d'eau impactés. Il s'avère que le volume des déchets, estimé dans un premier temps à 160 000 tonnes, s'annonce plus important que prévu, selon les estimations régulièrement mises à jour par les acteurs et opérateurs de terrain.

Le Gouvernement wallon a donc décidé d'augmenter le budget initial qui avait été alloué à la gestion des déchets et des terres charriés (35 millions €) de 40 millions € supplémentaires.

Ces 40 millions € supplémentaires sont répartis de la manière suivante :

  • 20 millions € exclusivement consacrés à la gestion des déchets issus des cours d'eau (déchets en mélange, déchets dangereux et boues).
  • 10 millions € supplémentaires pour les communes pour les aider dans cette gestion des déchets.
  • 10 millions € supplémentaires destinés à la gestion des déchets sur les 3 grands sites de stockage temporaire.

Nettoyage des cours d'eau

Le Service Public de Wallonie coordonne le nettoyage progressif des lits mineurs et majeurs des rivières impactées par les inondations. Les opérations de nettoyage de ceux-ci se poursuivent avec l'aide de la Défense et de la protection civile.

Parallèlement, l'asbl Be WaPP organise des opérations ponctuelles et bénévoles de nettoyage des abords des cours d'eau.

Fin novembre, 20 000 t de déchets avaient été extraites des lits des cours d'eau dont 1 350 t ramassées par 102 équipes de volontaires coordonnées par l'Asbl BeWaPP.  Au total, environ 8 km de cours d'eau ont été nettoyés en profondeur par la Défense et la Protection civile.

Actuellement, 10 sites de stockage temporaire identifiés reçoivent ces déchets issus des cours d'eau. Ils sont tous situés en province de Liège. Selon les dernières estimations, 60.000 t de déchets devraient encore être évacuées des lits des cours d'eau, ainsi que 100.000 t de boues. Ces terres devront faire l'objet d'un traitement spécifique en cas de pollutions mais aussi pour éviter la propagation de la Renoué du Japon (plante invasive).

En ce qui concerne, les autres types de déchets : un taux minimum de recyclage de 50 % est jugé réalisable.
Les quantités totales de déchets d'amiante-ciment à gérer sont estimées à 50 t. La gestion
de ces déchets dangereux fera l'objet d'un marché public spécifique

Évolution sur les trois grands sites de gestion temporaire

La SPAQUE a lancé trois procédures de marchés publics pour l'évacuation des déchets des sites de l'A601, de Wérihet (Wandre) et d'Engis sur lesquels ont été entreposés les déchets accumulés dans les communes sinistrées.

L'évacuation de ceux-ci se fait par camion puis par voie fluviale vers les centres de tri agréés. Des conditions particulières sont prévues pour veiller à la sécurité, à l'environnement et à la santé des riverains, notamment en matière d'odeur et de salubrité publique par des campagne de dératisation.

Les trois sites seront remis en état une fois les évacuations terminées.

Évacuation sur le site du Wérihet à Wandre

L'évacuation a débuté fin septembre et s'est terminée à la mi-octobre.

Les 35.000 t de déchets ont été évacuées par camions (30 %) et par péniches (70 %) vers les centres de tri. Une grande partie a été envoyée vers des filières de valorisation soit « matière », soit « énergétique ».

Évacuation à Engis

Le site d'Engis, en bord de Meuse, a permis de stocker temporairement 36 000 t de déchets.

Les opérations d'évacuation ont démarré fin octobre et se sont terminées fin décembre 2021. La localisation du site a permis le transport de la quasi-totalité des déchets par voie fluviale (via péniches) vers les centres de traitement et de valorisation.

On estime qu'au moins 26 000 t de déchets feront l'objet d'une valorisation de type « matière » (le reste de type « énergétique »).

Évacuation de l'A601

L'évacuation du site de l'A601 a débuté à la mi-octobre. La quantité de déchets stockés dans les deux sens de la bretelle d'autoroute (2 x 5 km) a été estimée à environ 100.000 t. Toutefois, des flux de déchets supplémentaires (de l'ordre de 50.000 t) ont continué à affluer, du fait notamment du déstockage progressif de déchets encore présents dans les habitations suite au passage des assureurs.

Fin décembre, environ 50.000 t de déchets ont déjà été évacuées. La durée du chantier est encore approximative. L'évacuation des déchets devrait se terminer à la fin de l'hiver.

Durant toute l'opération des mesures sont mises en place pour combattre les nuisances dues aux poussières et aux odeurs. Des campagnes de dératisation sont organisées. Des prélèvements d'eau réguliers sont prévus afin d'éviter toute propagation de pollution par les eaux de ruissellement. Des barrières Nadar munies de bâches ont été installées aux endroits où les déchets étaient visibles des riverains. Le site est placé sous surveillance 24 h/24 par une société de gardiennage. La population riveraine, quant à elle, est informée de l'évolution du chantier par la SPAQUE.

Stratégie régionale de gestion des déchets

Tous les scénarios de gestion ont été analysés pour adopter les solutions les plus pragmatiques et les plus efficientes du point de vue environnemental et socio-économique en vue de traiter les déchets issus des inondations actuellement recensés.

La mise en centre d'enfouissement technique (CET) des déchets issus des inondations constituant le mode de gestion le moins vertueux sur le plan environnemental et socio-économique, doit être activée en dernier recours.

La combinaison des scénarios suivants est donc retenue  :

  • le tri-valorisation des déchets, qui consiste à opérer un tri poussé, autant que faire se peut, des déchets en vue d'optimiser le recyclage déchets qui pourrait atteindre 60 % à 70 % des déchets au lieu des 30 % initialement prévus ;
  • le stockage temporaire de déchets avant et après le tri, pour permettre un acheminement régulier des déchets vers leurs exutoires finaux (incinération pour l'essentiel) ;
  • l'incinération des déchets après un tri préalable permettant de ne pas endommager les installations ;
  • la mise en CET des déchets stockés sur le site du Wérihet ;
  • l'évacuation des terres charriées vers des centres de traitement de terres polluées, avec traitement éventuel (pour un volume actuel estimé à 40 000 tonnes).

La mise en oeuvre combinée de ces différentes options se fera majoritairement en Belgique et nécessitera l'intervention d'opérateurs privés.

Pour plus d'infos sur les mesures et aides en matière de déchets pour les personnes sinistrées, consultez la rubrique Pollution / Environnement du site www.wallonie.be/inondations

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