Dynamiques des coopérations transcommunales construites par les acteurs locaux des espaces ruraux wallons

Des formes originales de coopération transcommunale en milieu rural se développent depuis plusieurs années dans des domaines divers de l’action publique. Elles concernent aussi bien la production de biens ou de services que la gestion de biens publics et elles mettent en évidence de nouvelles organisations spatiales. Leur émergence repose en partie sur le constat que le cadre communal est souvent inadéquat, car trop exigu, pour rester le seul support du développement local, pour résoudre des problèmes de proximité dans l’accès aux services ou pour traiter certains dossiers structurants.

 

Ces coopérations, parfois spontanées, sont initiées dans le cadre de politiques organisées par les niveaux supérieurs du pouvoir. Des incitants financiers, souvent décisifs, y sont liés. Des collectivités locales (Communes, CPAS) s’associent entre elles mais également avec d’autres acteurs institutionnels, privés, associatifs... pour concevoir et mettre en œuvre des projets. Il en résulte une production territoriale multiforme, d’importance croissante en raison du nombre de projets créés et de la variété de leurs objets. Une géographie assez complexe de la coopération se fait jour, plus fondée sur l’innovation, l’expérimentation et l’expertise que sur l’existence d’équipements ou d’infrastructures, faisant ainsi apparaître une nouvelle territorialité rurale.

 

Les coopérations recomposent les espaces ruraux selon des logiques de regroupement multiples qui peuvent être aussi contradictoires ; elles font ici l’objet d’une proposition de typologie. Tendanciellement, chaque collectivité locale appartient à plusieurs regroupements qui ont des objectifs de développement différents, des configurations spatiales particulières et des modes d’organisation spécifiques. Au maillage politico-administratif traditionnel s’ajoutent donc des territoires d’action qui se chevauchent et s’emboîtent mais n’entretiennent pas forcément d’articulations entre eux. Ceux-ci sont l’une des expressions de la géopolitique locale. Les collaborations mettent également en lumière les difficultés à constituer des institutions supralocales auxquelles l’exercice de compétences fortes serait délégué et à réorganiser l’espace rural selon un schéma unique. Dès lors, aux niveaux régional et sous- régional, la question se pose de l’articulation des projets élaborés et des actions entreprises par les acteurs dans une perspective de développement territorial durable. 

 

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