Un nouveau Plan wallon de lutte contre la pauvreté

Jeudi, 8 Mars, 2018

Le nouveau Plan comprend trois nouveautés : de nouveaux thèmes (l'emploi, la formation et l’automatisation des accès aux droits), une évaluation du 1er Plan ainsi qu’une volonté de quantification des mesures.

Le taux de risque de pauvreté ou d’exclusion sociale en Wallonie est depuis plusieurs années à un niveau très préoccupant, soit actuellement 26 % de la population alors que la moyenne pour la Belgique est de 21 %. La situation est particulièrement grave en Wallonie où 7,8 % de la population vit dans un ménage en situation de déprivation matérielle sévère.

Focus sur l'emploi et la formation

Le taux de risque de pauvreté est très élevé chez les inactifs, principalement les chômeurs (45,9 % des chômeurs vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2016 alors qu’en moyenne générale, le taux de personnes en-dessous du seuil de pauvreté est de 15,5 %).

C’est pourquoi l’axe ‘emploi’ est une priorité, notamment via une validation accrue des compétences (avec attention spécifique pour les métiers en pénurie), une meilleure qualification des adultes (dispositifs d’alphabétisation, de préqualification, d’enseignement de promotion sociale…) et une réforme des dispositifs « articles 60 et 61 » en vue de les optimiser.

Agir contre la pauvreté au quotidien

Le Gouvernement wallon a annoncé des mesures dans les domaines suivants :

  • Logement : réforme des systèmes d’attribution des logements publics, renforcement des soutiens régionaux visant à améliorer la qualité du logement et/ou sa performance énergétique, augmentation de l’offre en matière de prêts hypothécaires sociaux et déploiement des abris de nuit.
  • Alimentation : favorisation de la distribution des invendus alimentaires, coordination de l’aide alimentaire et création d’épiceries sociales et restaurants sociaux.
  • Energie : amélioration de la salubrité et de la performance énergétique des logements via la réforme des primes et des prêts, favorisation de l’accès à l’énergie et renforcement de l’accompagnement spécifiques aux publics précaires.
  • Eau : optimisation de l’utilisation du fonds social de l’eau, approfondissement de la connaissance des modalités et des implications de la pose de limiteurs de débit d’eau en Wallonie.
  • Santé : augmentation de l’accessibilité des services de santé de proximité et de l’accessibilité des publics précaires aux dispositifs de médecine préventive.
  • Politiques familiales : mis en œuvre du modèle wallon d’allocations familiales ainsi que de l’assurance-autonomie, réforme des Services d'aide aux familles et aux aînés et prévention du surendettement.
  • Mobilité : déploiement et optimisation des dispositifs de centrales de mobilité au niveau local et supralocal, cartographie des moyens de transports liés à la localisation des institutions de placement et soutien du développement d’auto-écoles solidaires.
  • Tourisme : développement du projet spécifique de « tourisme pour tous » en Wallonie
  • Numérique : implication des Espaces Publics Numériques (EPN) dans l’e-inclusion des citoyens et développement des formations aux TICS à destination des publics précaires.

Enfin, le Gouvernement souhaite automatiser davantage les droits dérivés wallons, comme :

  • le tarif social pour l’énergie ;
  • l’octroi des suppléments aux allocations familiales pour les familles à bas revenus via le modèle wallon d’allocations familiales ;
  • les droits dérivés des personnes en médiation de dettes et en règlement collectif de dettes.