Recrudescence de la rougeole : appel à la vigilance

Vendredi, 10 Mars, 2017

10 jours après l’annonce de l’épidémie de rougeole en Wallonie, l’AViQ fait le point sur la situation. L’épidémie est toujours dans une phase ascendante : le nombre de cas déclarés augmente chaque semaine. On comptait 163 cas de rougeole en Wallonie en date du 8 mars.

Une épidémie qui augmente

10 jours après l’annonce de l’épidémie de rougeole en Wallonie, l’AViQ fait le point sur la situation. En date du 8 mars, 163 cas de rougeole avaient été déclarés à la cellule de surveillance des maladies infectieuses de l’AViQ, dont 65 nouveaux cas depuis le 27 février. Le nombre de nouvelles déclarations de cas par semaine est donc toujours croissant.
 
A cette, heure, la moitié des cas déclarés auprès de la cellule de surveillance a été hospitalisée pour des complications. Heureusement, aucun décès n’est à déplorer.
 
Il est donc important pour les parents de vérifier le statut vaccinal de leurs enfants : les enfants de moins de 5 ans représentent un cinquième des patients.

Le personnel soignant aussi touché

15 professionnels de la santé, infirmiers et médecins, ont présenté une rougeole après avoir été en contact avec une personne contaminée. Le professionnel de la santé est en première ligne et donc particulièrement exposé. Vérifier son statut vaccinal est essentiel !

Que faire ?

  1. Vérifier son statut vaccinal : deux doses offrent une protection très élevée à vie.  La vaccination est importante pour soi mais aussi pour les autres personnes qui, pour diverses raisons, ne peuvent pas être vaccinées (immunodéprimés, enfants de moins d’un an, femmes enceintes). La couverture vaccinale de la deuxième dose, généralement administrée à 11- 12 ans, reste trop faible : elle atteint seulement 75 %. Si le taux de couverture vaccinale de la population était de 95%, la population dans son ensemble serait protégée car le virus ne pourrait plus circuler.
  2. Déclarer les cas suspects : La rougeole est une maladie à déclaration obligatoire dès suspicion. Tout cas suspect doit être impérativement déclaré par le médecin à la cellule de surveillance des maladies infectieuses de l’AViQ afin que celle-ci puisse coordonner les mesures de prévention rapidement. 
  3. En cas de suspicion de rougeole : Pour rappel les symptômes sont les suivants : fièvre, éruption sous forme de tâches rouges, rhume, conjonctivite ou toux. En cas de suspicion de rougeole, il est préférable d’appeler son médecin traitant pour convenir avec lui d’un rendez-vous ou pour privilégier une visite à domicile. Le simple fait d’être dans la même pièce qu’un malade est suffisant pour être contaminé si l’on n’est pas protégé.

Importance de la vaccination

Pour éviter d’être malade, il est important pour chacun de vérifier soit s’il a déjà présenté une rougeole dans l’enfance soit son statut vaccinal. En effet, un moyen simple et sûr de se protéger est la vaccination !

Deux doses de vaccin sont recommandées pour protéger les individus à vie contre la rougeole. Cette vaccination est recommandée à l’âge d’un an et à l’âge de 11/12 ans. Elle est offerte pour les enfants via le programme de vaccination de l’ONE (vaccins disponibles via les consultations ONE, la médecine scolaire, les médecins traitants ou encore les pédiatres).

Pour les adultes non ou insuffisamment vaccinés, la vaccination peut également être réalisée auprès de son médecin traitant. La vaccination contre la rougeole est une intervention efficace et sans danger permettant de réduire le nombre de cas de maladies. Elle procure une immunité collective qui protège ceux qui ne sont pas vaccinés ou ceux qui sont trop jeunes pour l’être en prévenant la propagation de la maladie et sauve ainsi des vies.

Un virus très contagieux

La rougeole est une maladie virale : elle n’est donc pas traitée par des antibiotiques. Elle se caractérise par l’apparition de fièvre suivie d’une éruption sous forme de tâches rouges qui le plus souvent débute au niveau de la tête pour se prolonger sur le tronc. Les malades présentent aussi un rhume, une conjonctivite ou encore une toux. Ils sont souvent très abattus.

Ses conséquences peuvent être sérieuses : cette maladie n’est pas à banaliser ! En effet, des personnes sont plus à risque de développer des complications : les enfants de moins d’un an, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes non protégées qui peuvent développer des troubles respiratoires et donner naissance de manière prématurée (avec les risques que cela comporte pour le bébé).

Par ailleurs, les professionnels de santé sont des personnes plus exposées aux malades et donc à risque également. C’est une maladie extrêmement contagieuse par voie respiratoire. Un malade peut contaminer plusieurs personnes de son entourage si celles-ci ne sont pas immunisées contre la maladie.

En cas de doute, si une personne tombe malade (fièvre, éruption sous forme de taches rouges, gros rhume, conjonctivite associée), il est capital de consulter immédiatement son médecin soit en lui demandant de passer à domicile soit en privilégiant une consultation sur rendez-vous pour éviter de contaminer d’autres personnes. Evitez les salles d’attente des hôpitaux ! Il est encore possible de se faire vacciner dans les 72 heures après un contact avec une personne atteinte de la rougeole.

Les communes touchées restent identiques : Namur, Verviers, Jodoigne, Charleroi. Plusieurs foyers d’épidémie sont actuellement connus en Europe : Roumanie, Croatie, Italie et France. La dernière épidémie en Belgique date de 2011, année pendant laquelle 675 cas avaient été dénombrés.
 
Bon à savoir : une personne qui a déjà présenté une rougeole est également protégée.

Une maladie à déclaration obligatoire

La rougeole est une maladie à déclaration obligatoire. Tout cas suspect doit être impérativement déclaré par le médecin à la cellule de surveillance des maladies infectieuses de l’AViQ afin que celle-ci puisse coordonner les mesures de prévention rapidement.

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