Pesticides en Wallonie : état des lieux et perspectives

Mercredi, 7 Novembre, 2018

Que cela soit en milieu urbain ou rural, la population wallonne est exposée aux produits phytopharmaceutiques et particulièrement aux herbicides et fongicides.

Une exposition qui a des conséquences nuisibles sur la qualité de vie, la santé, l'alimentation, les ressources naturelles (air, sol, eau) et la biodiversité.

L’arrêt de l’usage de pesticides par les particuliers, les entreprises et les pouvoirs publics constitue donc une priorité.


Trois mesures sont entrées en vigueur récemment:

1. Protection des riverains des parcelles agricoles

  • Interdiction de débuter une pulvérisation lorsque la vitesse du vent est supérieure à 20 km/heure
  • Interdiction de pulvériser à moins de 50 mètres des bords de toute parcelle qui jouxte un site d’établissement (cours de récréation, écoles, internats, crèches et infrastructures d'accueil de l'enfance) durant les heures de fréquentation de celui-ci
  • Obligation d’utiliser, sur tout le territoire wallon, un matériel d’application qui réduit la dérive de minimum 50%

2. Glyphosate et néonicotinoïdes

Deux mesures d’interdiction portant sur ces produits sont entrées en vigueur en Wallonie :

  • L’utilisation des pesticides contenant des néonicotinoïdes depuis juin 2018
  • L’usage du glyphosate par des utilisateurs non formés depuis mars 2017

3. Protection des publics vulnérables

L’application de produits phytopharmaceutiques est interdite depuis le 1er juin 2018 dans les parties des parcs, des jardins, des espaces verts et des terrains de sport et de loisirs auxquelles ont accès le public.

Afin de protéger les publics vulnérables, il est désormais interdit d’utiliser des pesticides dans :

  • les cours de récréation et espaces fréquentés par les élèves dans l'enceinte des établissements scolaires et des internats
  • les espaces fréquentés par les enfants dans l'enceinte des crèches, des infrastructures d'accueil de l'enfance
  • les aires de jeux destinées aux enfants ouvertes au public
  • les aires aménagées pour la consommation de boissons et de nourriture ouvertes au public
  • les centres hospitaliers et hôpitaux, les établissements de santé privés, les maisons de santé, les maisons de réadaptation fonctionnelle
  • les établissements qui accueillent ou hébergent des personnes âgées, des personnes adultes handicapées ou des personnes atteintes de pathologie grave

Quelles sont les mesures prévues à l'avenir ?

Une étude a débuté début 2018 afin de mesurer l'exposition des citoyens wallons aux pulvérisations de produits phytopharmaceutiques et de recommander des mesures de protection destinées à la limiter en bordure des champs traités.

Une charte régionale de bonnes pratiques d’utilisation de produits phytopharmaceutiques va être également mise en place, en collaboration avec le secteur agricole.

L’objectif de cette double approche, en adéquation avec le second Plan wallon de Réduction des Pesticides, approuvé par le Gouvernement wallon le 29 mars 2018, est à la fois d’assurer la mise en place de mesures obligatoires pour supprimer des pratiques non acceptables au regard des connaissances et des pratiques agronomiques actuelles et d’encourager la démarche volontariste du secteur agricole dans la réduction de l’usage des pesticides.

Un biomonitoring appelé BIOPEST sera également mené d’ici 2020 pour obtenir des données de référence sur l’exposition aux pesticides de la population générale et de publics cibles, à savoir les agriculteurs.