Nouvelles normes pour les terrains synthétiques wallons

Dimanche, 4 Novembre, 2018

Un terrain synthétique, c’est sans doute la solution pour faire du sport toute l’année. Concernant cette matière, le cadre normatif datant de 2006 a été réactualisé et un guide de recommandations a été élaboré.

1. Actualisation du cadre normatif

En Wallonie, les terrains synthétiques ont la cote, que ce soit pour la pratique du football, du hockey ou du rugby. Bien que des alternatives existent, la majeure partie d’entre eux sont composés de « SBR », des granules de caoutchouc provenant de pneus recyclés.

Cette matière suscite de nombreuses questions, légitimes, de la part des utilisateurs par rapport à l’impact sur la santé. De nouvelles dispositions apparaissent comme les seuils de concentration maximale en HAP . Des contrôles conditionneront désormais l’octroi d’un subside par la Région wallonne.

a. Des seuils de concentration maximale plus stricts

Plusieurs centaines d’échantillons ont été prélevés sur des terrains synthétiques en Europe. Sur cette base, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a pu affirmer qu’il n’y avait aucune raison de déconseiller la pratique du sport sur les terrains synthétiques.

L’explication est simple : au niveau des concentrations en HAP observées, le risque pour la santé est très faible (inférieur à 1 sur 1 million). Dans les faits, les analyses effectuées révèlent des concentrations inférieures à 50 mg/kg alors même que la norme européenne (REACH) impose aux fabricants une concentration inférieure à 6.200 mg/kg pour les 8 HAP UE dits « cancérogènes ».

L’Agence européenne des produits chimiques recommande d’ailleurs de revoir les normes à la baisse. Selon elle, le seuil de concentration maximale devrait être fixé à 20 mg/kg. Au travers de son cadre normatif, la Région wallonne anticipe l’application de ces recommandations.

Il a également été décidé de renforcer le contrôle des seuils au niveau des métaux lourds. La norme jouets (EN 71-3), qui prend en compte le risque d’ingestion, sera désormais d’application. A titre d’exemple, il faut relever que la concentration en Zinc maximale autorisée sera de 0,5 mg/l, soit un seuil dix fois strict que celui de l’eau de distribution.

b. Des contrôles

• Pour les terrains subsidiés : contrôles obligatoires Les nouveaux terrains synthétiques avec remplissage de type SBR doivent désormais se soumettre à des contrôles qui conditionneront l’octroi du subside. L’analyse de la teneur en métaux lourds et en HAP par un laboratoire agréé sera obligatoire. Des résultats conformes aux valeurs imposées seront indispensables pour la liquidation du subside. A ce jour deux terrains, à Frasnes-lez-Anvaing et Chapelle-lez-Herlaimont, ont déjà faits l’objet de ces analyses. Les résultats se situent en-deçà des nouveaux seuils. A noter également que les analyses sont réalisées dans différentes conditions. Lors des tests, la température de la matière est notamment portée à 70°C. Cela permet de vérifier une éventuelle diffusion des substances toxiques. En été, la température du revêtement peut atteindre 60°C au sol pendant les périodes de fortes chaleurs.

• Pour les terrains non-subsidiés : contrôles encouragés via un incitant financier Si les contrôles ne sont obligatoires que pour les terrains subsidiés, il faut encourager tous les propriétaires et gestionnaires de terrains à réaliser des tests et à en communiquer les résultats à leurs utilisateurs. Un incitant financier pour la réalisation de ces contrôles pourrait être mis en place.

2. Guide de recommandations

En parallèle de l’actualisation du cadre normatif, un guide de recommandations a été réalisé.

Ce guide s’adresse à l’ensemble des gestionnaires et utilisateurs de terrains synthétiques, quel que soit le matériau de remplissage.

Il reprend toute une série de recommandations, de la conception à l’entretien et l’utilisation. On y retrouve notamment la définition des besoins, les points-clés d’un projet, des précautions d’utilisations en cas de remplissage « SBR »…