La rénovation des monuments classés, levier pour l'emploi et la formation

Mardi, 23 février, 2016

Appelé Alliance Patrimoine-Emploi, ce plan s'articule autour de 14 mesures pour encourager la formation d’une main d’oeuvre qualifiée, lutter contre le dumping social dans le secteur de la construction, et dégager de nouveaux moyens de financement pour le patrimoine wallon.

  1. La formation : La restauration des monuments anciens requière un savoir-faire et des compétences spécifiques qu’il convient de développer dans une optique d’excellence.
  2. Appel à projet +16 : Les élèves de l’enseignement qualifiant pourront s’inscrire dans un projet de restauration en partenariat avec la commune et une entreprise-marraine.
  3. Formation longue en maçonnerie : Formation en alternance d’une année pour parfaire le savoir-faire des maçons au niveau des techniques spécifiques de maçonnerie propre au patrimoine.
  4. Formation de gestionnaire de chantier : destinée aux gestionnaires de chantier afin de leur donner les bases pour comprendre les spécificités techniques et administratives propres aux chantiers patrimoniaux.
  5. L’accessibilité aux marchés publics : Il s’agit de relever le niveau d’exigence des interventions sur les chantiers de restauration, tant sur le plan du management que de la technique.
  6. Définition de clauses administratives type patrimoine : Uniformisation des critères de sélection et d’attribution au sein du cahier spécial de charges type CCTB 2022
  7. Définition de clauses techniques type patrimoine : Homogénéisation des clauses techniques au sein du CCTB 2022
  8. Construction Quality (CQ) patrimoine : Définition d’un label de qualité validant les compétences de l’entreprise, à la fois en matière de management mais également en matière de compétences techniques
  9. Agrément des experts du patrimoine : Reconnaissance de la maîtrise spécifique des auteurs de projets en matière de patrimoine
  10. Le financement : Jusqu’à présent, la préservation du patrimoine repose principalement sur du financement public, assuré par le niveau régional. Il n’existe pas encore, hormis quelques initiatives isolées, de véritable mode de financement alternatif qui lui est destiné. L’ambition est de diversifier ces modes pour permettre de soutenir davantage les entreprises locales et valoriser le patrimoine wallon. Certaines des mesures constituent des leviers fiscaux, régionaux ou dépendants d’autres niveaux de pouvoirs, à mettre en œuvre à la suite de discussions en cours avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et le Gouvernement fédéral.
  11. Mécénat d’entreprise et Tax shelter : Une réflexion est engagée autour de la déductibilité fiscale du mécénat d’entreprise dans le domaine de la culture et du patrimoine ainsi que pour étendre le principe de la Tax shelter à ces secteurs.
  12. Droits de succession et de donation : L’exemption est examinée pour le proposer aux propriétaires particuliers de biens classés à condition que les sommes ainsi économisées soient réinvesties dans la restauration de leur bien.
  13. Libéralités : Il s’agit d’offrir un soutien pour la récolte de fonds destinés à la restauration de biens classés au travers d’une plateforme collaborative et d’une expertise en matière de montage de projet de fundraising.
  14. Niches : Que ce soit l’entreprise qui souhaite se doter d’un siège social au caractère particulier ou l’investisseur institutionnel ou privé à la recherche d’un bien exceptionnel, tous pourront faire appel à un catalogue croisant les besoins en la matière avec les biens disponibles sur le marché.

La Wallonie compte aujourd’hui 2.700 monuments classés dont la préservation nécessite des travaux estimés à quelque 500 millions d’euros. Un quart de ce patrimoine requiert même une «intervention urgente».

La Région consacre aujourd’hui quelque 25 millions d’euros par an à son patrimoine. L’effort sera surtout mené via un soutien à la formation qualifiante des jeunes (notamment par la création d’une année spéciale en maçonnerie du patrimoine). Il portera aussi sur l’adaptation des règles d’accessibilité aux marchés publics (homogénéisation des clauses administratives et techniques).

Ce plan implique un large panel d’associations, organisations, institutions et administrations actives dans les secteurs de la construction, de la formation, du fundraising, de la fiscalité et du patrimoine.