COP 23 : 31 projets du sud soutenus par la Wallonie

Mardi, 14 Novembre, 2017

Alors que la COP 23 se déroule à Bonn, le Parlement de Wallonie a accueilli des représentants du Sénégal, du Bénin, du Burkina-Faso et d’Équateur.

Mirian Cisneros (Présidente du peuple autochtone Kichwa de Sarayaku en Equateur), Ibrahima Zerbo (Agence Corade du Burkina-Faso), Sylvie Noumonvi Afiwa (ONG Eco-Bénin du Bénin) et Jean Goep (ONG Nebeday du Sénégal) ont expliqué comment les populations locales vivent, luttent et tentent de s’adapter aux changements climatiques.

La plus-value de ce rendez-vous a été de permettre une présentation des réalisations concrètes que la Wallonie permet en termes de lutte contre les changements climatiques dans les pays du sud.

 

Lors de la COP 15 à Copenhague, les pays développés se sont engagés collectivement à mobiliser rapidement des fonds en faveur des pays en développement pour leur permettre de s’adapter aux changements climatiques et de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. La Belgique y a contribué à hauteur de 150 millions € pour les années 2010, 2011 et 2012.

Ensuite, suite au partage de la charge entre les Régions et le Fédéral, la Wallonie s’est engagée à verser 8 millions € par an au soutien de l’adaptation et de l’atténuation des changements climatiques dans les pays concernés.

Au total, depuis 2011, la Wallonie a fourni un soutien financier de 23 millions € à des projets multilatéraux menés par des acteurs institutionnels mais aussi à 31 projets bilatéraux. Les fonds consacrés aux projets de terrain bilatéraux ne sont pas comptabilisés au titre de l’aide publique au Développement. Ils sont clairement nouveaux et additionnels, comme cela a été promis à Copenhague.

Pour sélectionner ces projets, le Gouvernement wallon a chargé l’Agence wallonne pour l'Air et le Climat (AWAC) d’organiser en 2010 différents appels à projets dans 6 pays d’Afrique : Bénin, Burkina Faso, Sénégal, Rwanda, Burundi et RDC, ainsi qu’en Haïti et en Équateur.

Concrètement, ces projets permettent de lutter contre l’érosion des sols et des rivages, de mieux gérer l’eau, d’adapter l’agriculture familiale aux changements climatiques. D’autres concernent la lutte contre la désertification, une meilleure efficacité énergétique pour la cuisson au bois et le recours aux énergies renouvelables.

Au Burkina Faso et au Bénin, la Wallonie finance plusieurs projets de protection de la forêt et de réduction des émissions de gaz à effet de serre en aidant les ménages à s’équiper de foyers améliorés, consommant moins de bois, pour cuisiner les repas.

Au Sénégal, la Région soutient l’Association Nebeday dans la mise au point d’un biocharbon pour remplacer le charbon de bois et protéger les forêts.

En Équateur, elle vient en support du peuple Sarayaku pour protéger son territoire qui couvre une surface de forêts primaires équivalent au 1/20e de la Belgique. Cet écosystème exceptionnel, riche en biodiversité représente un important puits de carbone et joue un rôle central dans la stabilisation du climat de la planète. Le territoire est constamment menacé par l’exploitation des ressources et du sous-sol. Les agressions extérieures menacent aussi le peuple Sarayaku dans sa survie.

Le projet financé par l’AWAC, via l’ASBL Pierreuse & Ailleurs de Liège, permet de renforcer la visibilité du rôle et des droits du Peuple Sarayaku par la plantation d’une frontière d’arbres à fleurs autour du territoire. Il soutient les capacités d'une équipe pour planifier les utilisations des terres pour l'habitat, l'agriculture, la chasse, la pêche et la cueillette. Des gardes forestiers assurent la surveillance écologique du territoire. L’aide apportée permettra également la création d'une aire naturelle protégée. Novatrice, elle englobera les droits et les visions des populations qui y vivent et reconnaîtra leur rôle dans la gestion du territoire Sarayaku.

Quelles perspectives à l’avenir ?

De nombreuses connaissances et pratiques ont été acquis grâce aux projets et partenaires de l’AWAC et méritent d’être diffusés et affinés et ce, afin d’en faire profiter un maximum d’organisations et d’acteurs actifs dans cette thématique. Sur cette base, le soutien aux projets suivants est envisagé :

  • un projet en RDC mené par Oxfam aidant les agriculteurs à faire face à la dégradation des sols et des cultures par les fortes pluies de plus en plus nombreuses dans la région ;
  • un projet ayant comme objectif de développer des synergies entre agroforesterie et biorépulsifs dans deux régions du Sénégal ;
  • un projet de gestion des savoirs porté par le groupement d’ONG universitaires francophones UNI4COOP sur la thématique de gestion des mangroves à Madagascar, au Sénégal, au Bénin et au Togo.

L'expérience avec l’ONG ADG sera renouvelée en finançant une nouvelle édition du stage de renforcement des capacités des acteurs du Sud en conception de projet, toujours en lien avec les thématiques liées aux changements climatiques. Enfin, suite à un premier financement se terminant cette année, le projet de soutien au peuple Sarayaku dans la forêt amazonienne d’Equateur sera soutenu en 2018.